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Publié le 12 octobre 2018


« 180 jours à la recherche de l’écrevisse à pattes blanches »

Les écrevisses à pattes blanches (ou à pieds blancs) sont une espèce autrefois très répandue sur le territoire national, et en particulier dans le Cantal et sur le bassin de l’Alagnon. Caractéristique des cours d’eau de moyenne montagne, cette écrevisse est un indicateur des cours d’eau de très bonne qualité. En effet, elle supporte mal toutes sortes de pollutions (azote, phosphore, micro-polluants, …), sa présence est de fait une bonne nouvelle pour la qualité des eaux de notre territoire. Cependant, elle est aujourd’hui gravement menacée, en particulier par des espèces dites exotiques et invasives, introduites par l’Homme principalement au cours du XXème siècle. La plus courante est l’Ecrevisse de Californie, ou Ecrevisse « Signal », en raison de la tâche claire située à la commissure de ses pinces. En plus de concurrencer fortement le milieu, elle est souvent porteuse d’une maladie 100 % mortelle pour l’écrevisse à pieds blancs : l’Aphanomycose, qui aurait déjà décimé la plupart des populations existantes.

 

 

Un inventaire porté par la Fédération départementale de pêche et de protection du milieu aquatique du Cantal en partenariat avec le SIGAL

 

Proposée dans le cadre du SAGE Alagnon, c’est la FDPPMA 15 qui a porté cette étude en 2017, financée à 80 % par l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, ainsi que par des fonds spécifiques à des mesures compensatoires des carrières de Virargues (Chemviron France), et des fonds propres du monde de la pêche.

 

Un vidéaste a pu suivre les prospections de terrain. Vous pourrez découvrir sur la chaîne Youtube du SIGAL une vidéo montrant un aperçu de la réalisation de cet inventaire, réalisé dans des conditions souvent difficiles (cliquez sur l'image pour suivre le lien). De magnifiques images, pour mettre en valeur cette espèce méconnue. Parce que cette petite écrevisse mérite toute notre attention, les efforts continuent aujourd’hui pour la préserver ! 

 

 

L’inventaire en quelques chiffres :

  • 625 km de cours d’eau inventoriés
  • 155 nuits de prospection
  • 4 équipes de prospections mobilisées
  • 34 km de cours d’eau (seulement !) avec observations d’Ecrevisse à pattes blanches
  • 91 km de cours d’eau avec observation d’Ecrevisse Signal

 

 

 

 

Et maintenant ? que faire pour sauver l’écrevisse à pattes blanches ?

  • Eviter de nouvelles contaminations par l’Aphanomycose : un isolement vis-à-vis des écrevisses porteuses de la maladie permettrait de limiter les dégâts.
  • Restaurer les habitats favorables à sa présence : Qualité des berges, qualité de l’eau sont des pistes de travail. L’aménagement de points d’abreuvement et la protection des berges sur prairies pâturées peuvent être envisagées sur des zones dégradées.
  • Eradiquer les espèces invasives ? Très difficile (mais pas totalement exclu) en dehors des méthodes chimiques, qui seraient trop néfastes au milieu et aux autres espèces.

 

Dans le cadre du site Natura 2000 Vallées de l'Allanche et du Haut-Alagnon, ainsi que du SAGE Alagnon, le SIGAL et ses partenaires organisent d'ores et déjà des suivis des populations, et montent des projets de travaux pour améliorer les habitats. A suivre sur ce site internet et la page Facebook du SIGAL ! 

 

Pour plus d'infos :

  • sur l'espèce : téléchargez ici la fiche descriptive
  • sur l'inventaire : contactez David OLAGNOL, animateur agro-environnement