Les secundo-accédants tiennent aujourd’hui une place déterminante dans le marché immobilier français et influencent directement la disponibilité des logements pour les primo-accédants. Ces acheteurs, qui vendent un premier bien pour en acquérir un second, disposent souvent d’un dossier financier plus solide et montrent des préférences marquées pour certains types de bien.
Sommaire
ToggleQui sont concrètement les secundo-accédants ?
Il s’agit majoritairement de ménages déjà installés : âge moyen autour de 42 ans au premier trimestre 2026 et une part importante de couples avec enfants. Ils déclarent des revenus mensuels plus élevés que la moyenne et mobilisent un apport personnel non négligeable pour leur projet. Ces éléments expliquent en partie pourquoi ils peuvent accélérer les transactions sur le marché de l’ancien.
Leur profil financier en chiffres clés
Selon une étude relayée par Empruntis, le revenu mensuel moyen des secundo-accédants s’établit à 6 594 euros, en hausse d’environ 11 % sur un an. Le budget moyen pour leur nouveau logement avoisine 395 102 euros, avec un apport personnel moyen de 17 % du prix. Ces paramètres donnent à ces acheteurs un pouvoir d’achat et une capacité de négociation souvent supérieurs à ceux des primo-accédants.
Pourquoi ils privilégient majoritairement l’ancien
La très grande majorité se tourne vers des logements anciens : près de 91 % selon l’étude. La maison individuelle est également très plébiscitée, choisie par 77 % d’entre eux. Ce choix reflète des besoins concrets (espace, proximité d’équipements, cadre de vie) et des arbitrages liés au budget, même si la part du neuf reste très faible.
Le prêt relais : un outil en recul, mais toujours présent
Le recours au prêt relais diminue significativement, avec une baisse de 11 points en un an. Ce dispositif reste apprécié lorsqu’il fonctionne comme un « filet » entre la date d’achat et celle de la revente mais il est proposé moins fréquemment par les établissements. Les banques se montrent aujourd’hui plus prudentes : il est donc prudent d’anticiper des alternatives ou de renforcer son apport pour limiter le besoin de financement intermédiaire.
Erreurs fréquentes à éviter quand on est secundo-accédant
Plusieurs maladresses reviennent régulièrement chez ces acheteurs et peuvent compliquer une opération : surévaluer trop optimistement le prix de revente, sous-estimer les délais de transaction, négliger l’impact des frais liés à l’achat et à la vente, ou encore compter uniquement sur un prêt relais sans plan B. Anticiper ces aspects réduit le risque d’être coincé entre deux opérations.
Conseils pratiques pour sécuriser votre deuxième achat
- Vérifiez vos marges de sécurité financières et faites plusieurs simulations avec des scénarios de revente plus longs.
- Discutez tôt avec plusieurs banques pour connaître les conditions actuelles du prêt relais et les alternatives possibles.
- Soignez la mise en valeur et la commercialisation de votre bien à vendre pour limiter le délai sur le marché.
- Prévoyez un apport personnel réaliste afin de diminuer la dépendance aux solutions de financement court terme.
Quel impact concret sur la fluidité du marché immobilier ?
Les secundo-accédants jouent un rôle de « passeurs » : en libérant des logements occupés ils permettent à d’autres ménages d’entrer sur le marché. Leur comportement influence l’offre disponible, surtout sur le segment de l’ancien et des maisons. Quand leur capacité d’achat se réduit ou que les financements intermédiaires se font plus rares, la chaîne des transactions s’alourdit et les primo-accédants peuvent se retrouver bloqués.
Limites et risques à garder en tête
Même si le profil des secundo-accédants apparaît favorable au dynamisme du marché, plusieurs limites existent. Des conditions de crédit plus strictes, une baisse des estimations de prix ou des périodes de mise en vente prolongées peuvent rapidement compliquer la réalisation simultanée d’une vente et d’un achat. Par ailleurs, la préférence marquée pour l’ancien concentre la demande sur ce segment, ce qui peut amplifier certaines tensions locales.
FAQ
Qui sont les secundo-accédants en France ?
Ce sont des ménages qui vendent un premier logement pour en acheter un nouveau ; ils sont en moyenne plus âgés et disposent de revenus et d’un apport supérieurs à ceux des primo-accédants, d’après l’étude d’Empruntis mentionnée dans les sources.
Pourquoi la plupart choisissent l’ancien et la maison individuelle ?
Les données montrent une forte préférence pour l’ancien et pour la maison individuelle, fréquemment liée à des besoins d’espace et de cadre de vie pour des ménages déjà constitués, ainsi qu’à des arbitrages financiers qui rendent le neuf moins attractif pour cette catégorie.
Le prêt relais est-il encore une solution fiable aujourd’hui ?
Le recours au prêt relais a reculé de 11 points sur un an et les banques l’accordent moins facilement ; il reste utile quand il est disponible, mais il convient de prévoir des alternatives et d’anticiper le financement pour éviter d’être dépendant de ce seul dispositif.
Quelles précautions prendre avant de se lancer dans un deuxième achat immobilier ?
Anticipez les délais de revente, multipliez les simulations financières, consultez plusieurs établissements pour comparer les offres, et renforcez votre apport si possible pour limiter la dépendance aux solutions de financement temporaire.
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Laurent Delattre est un consultant en immobilier et expert en investissement. Avec plus de 15 ans d’expérience, il éclaire les lecteurs de Business Alagnon sur les opportunités du marché immobilier.


