Les risques climatiques peuvent déjà réduire la valeur d’un logement en France : inondations, retrait‑gonflement des argiles (RGA), submersion marine et désassurabilité pèsent sur le prix et la revente, selon des analyses récentes et un dossier pratique publié par CAFPI. Cet article explique comment Immobilier : ces risques climatiques qui peuvent faire chuter la valeur de votre bien se traduit concrètement pour un acheteur.
Sommaire
ToggleQuels risques pèsent le plus sur le prix d’un bien ?
Le retrait‑gonflement des argiles est identifié comme l’un des impacts les plus visibles : ClimaScore rapporte une décote moyenne de 8 % pour les maisons en aléa fort, qui peut atteindre 12 à 15 % dans les communes cumulant plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle.
CAFPI alerte aussi sur les sols argileux et les fissures qui affectent les maisons individuelles, en citant Toulouse où 99,8 % du bâti repose sur un sol d’aléa moyen ou fort et où 24 arrêtés « Sécheresse » ont été reconnus.

Comment l’inondation et le PPRI influent sur la valeur
ClimaScore détaille l’effet du zonage PPRI : une zone rouge (aléa fort) peut entraîner une décote de 10 à 18 %, et jusqu’à 15 à 25 % si un sinistre récent est intervenu. Les délais de vente s’allongent et la négociation devient systématique.
Les exemples locaux le montrent : après les crues post‑2023, certaines communes du Pas‑de‑Calais ont vu les transactions chuter et les ventes se faire avec des décotes supérieures à 15 % sur six mois, selon ClimaScore.

La submersion marine et l’érosion : décotes durables
Sur le littoral, ClimaScore rappelle l’héritage de la tempête Xynthia et le cas de communes placées en zone d’expropriation. Les biens en limite immédiate ont parfois perdu 20 à 40 % de valeur, et certains secteurs n’ont pas retrouvé leur niveau depuis quinze ans.
CAFPI recommande de vérifier la proximité de traits de côte menacés et rappelle que la montée du niveau de la mer et l’érosion redessinent les cartes d’attractivité sur plusieurs décennies.
Le problème invisible : la désassurabilité
ClimaScore note que la sinistralité a augmenté et que la surprime CatNat est passée à 20 % au 1er janvier 2025, signe d’une hausse durable des coûts assurantiels. Les assureurs peuvent aussi refuser de couvrir certains biens exposés.
Sans assurance multirisque habitation, une banque peut refuser un prêt : pour un acheteur, cela signifie qu’un bien non assurable risque d’être difficile à financer et à revendre, même en abaissant fortement le prix.
Que vérifier avant d’acheter : checklist pratique
CAFPI et ClimaScore convergent sur des étapes concrètes à reproduire systématiquement avant de signer.
- Consulter l’État des Risques et Pollutions (ERP) remis dès la première visite ; c’est obligatoire et il liste les zonages et arrêtés passés (ClimaScore).
- Vérifier le classement DPE et l’exposition estivale du logement (CAFPI souligne l’importance du confort d’été après 2026).
- Pour une maison, demander la nature du sol et, si nécessaire, une étude géotechnique pour évaluer le RGA (ClimaScore donne des ordres de grandeur des coûts de réparation).
- Demander des devis de mise hors d’eau en cas d’inondation ou des solutions de confortement des fondations avant de faire une offre (préconisé par ClimaScore et CAFPI).
- Confirmer auprès d’une compagnie que l’assurance multirisque habitation est possible et à quel tarif ; intégrer la surprime CatNat dans le calcul de coût.
Quel impact sur le financement et la revente ?
CAFPI rappelle que la performance énergétique influe déjà sur le prix : une maison mieux classée se vend plus cher et résiste mieux à la correction de marché. Intégrer une enveloppe travaux dans le plan de financement peut permettre de revaloriser un bien.
ClimaScore ajoute que les effets observés — décotes et allongement des délais de vente — se stabilisent parfois sur trois à cinq ans après un épisode majeur, mais peuvent repartir à la hausse avec de nouveaux sinistres. Penser à l’horizon 2050 aide à positionner son achat.
Que faire maintenant ?
Avant d’acheter, lisez l’ERP, demandez la nature du sol, vérifiez le DPE et la possibilité d’assurance. Si un bien présente un risque avéré, demandez des devis et intégrez leur coût dans votre offre. Se renseigner tôt vous donne des marges de négociation et protège votre apport.
Pour approfondir, consultez le dossier pratique de CAFPI et les analyses de ClimaScore qui fournissent chiffres, cartes et outils d’estimation par adresse.
Sources
- CAFPI — alerte pratique sur les sols argileux, DPE et conseils avant achat.
- ClimaScore — chiffres sur décotes RGA, PPRI, submersion, surprime CatNat et méthodologie d’évaluation par adresse.
- Congrès des notaires — synthèse professionnelle sur l’impact des risques climatiques.
Liens utiles : Le climat, critère clé du choix immobilier des Français et Immobilier neuf : 7 villes sur 10 voient baisser les prix pour comparer effet climatique et dynamique des marchés.
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Élisa Garnier est passionnée par les marchés financiers et l’analyse économique. Forte d’une expérience de 8 ans dans le journalisme économique, elle propose des articles clairs et informatifs pour aider les lecteurs à comprendre les enjeux du monde de la finance.



