Le baromètre 2025 de l’Institut Paul Delouvrier, réalisé par Toluna‑Harris Interactive et publié il y a quelques jours, dresse un portrait nuancé de la relation des Français aux services publics. Entre satisfaction à l’usage et méfiance vis‑à‑vis de l’action de l’État, les résultats résonnent particulièrement à un mois des élections municipales de 2026.
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ToggleSatisfaction à l’usage, défi de l’image de l’État
Dans l’ensemble, les usagers se montrent plutôt satisfaits des services qu’ils utilisent. En moyenne, 75 % des personnes qui recourent aux neuf services étudiés — éducation, santé, sécurité, emploi, justice, environnement, logement, fiscalité et sécurité sociale — déclarent en être satisfaites.

Pourtant, cette appréciation positive coexiste avec une vision plus réservée de l’action publique dans son ensemble. Sur la question plus générale de la gestion de l’État, seulement 44 % des Français se disent favorables. Autrement dit, l’expérience concrète des prestations est souvent meilleure que la perception globale de l’institution.
Parmi les services, les administrations fiscales ainsi que la police et la gendarmerie ressortent comme les mieux notées. À l’opposé, la justice et les dispositifs de lutte contre le chômage récoltent les avis les plus critiques.
La santé domine les priorités
Lorsque l’on demande aux Français où l’État devrait concentrer ses efforts, la santé publique arrive nettement en tête, citée par 49 % des répondants, et ce quelle que soit la région. La justice (34 %) et l’éducation nationale (33 %) composent le podium national.
Ces priorités ont évolué au fil des années. La santé s’est progressivement imposée au cours des quinze dernières années et a dépassé la lutte contre le chômage à partir de 2019. Sur la même période, les thèmes de la sécurité et de la justice ont gagné en importance, tandis que l’éducation recule dans l’ordre des priorités déclarées.
Impôts versus services : un dilemme toujours épineux
Le baromètre interroge chaque année le compromis entre baisse de la fiscalité et renforcement des prestations. En 2025, 41 % des Français privilégient l’option consistant à améliorer les services publics même si cela implique une hausse des prélèvements, contre 59 % qui préfèrent une réduction des impôts, quitte à diminuer certaines prestations.

Cette poussée en faveur de la baisse de la fiscalité est marquée, et retrouve un niveau comparable à celui observé en 2013‑2014. Mais le choix varie fortement selon l’affiliation politique. Les sympathisants de droite se disent majoritairement favorables à une baisse d’impôts (65 %). Dans la majorité présidentielle, la préférence pour la réduction fiscale reste élevée mais un peu moins nette (56 %).
Sur la gauche, les positions sont elles aussi hétérogènes. Les sympathisants PS/EELV montrent une préférence notable pour le renforcement des services (58 % en faveur), alors que chez les partisans de La France insoumise, cette orientation rassemble 48 % des répondants.
Des perceptions marquées par l’âge, le sexe et le lieu de vie
Le baromètre révèle des fractures sociales et générationnelles significatives. Les moins de 25 ans affichent un regard plus favorable sur l’action de l’État : 49 % d’entre eux ont une bonne opinion, contre 44 % en moyenne nationale. Ils apprécient particulièrement les domaines de l’environnement, du logement et de la sécurité sociale.
À l’autre extrémité, les 50‑64 ans sont les plus critiques, avec seulement 41 % d’avis positifs. Ce groupe attribue notamment des notes sévères aux politiques de l’emploi, de la sécurité sociale et du logement, avec des écarts de l’ordre de 5 à 8 points par rapport à la moyenne nationale.
Les différences selon la position sociale sont moins larges mais visibles : les cadres et professions intellectuelles supérieures accordent en moyenne 46 % d’avis favorables à l’action de l’État, contre 44 % pour les catégories populaires. On observe aussi un écart entre les sexes : 46 % des hommes évaluent positivement l’action publique, contre 42 % des femmes, ces dernières se montrant plus critiques sur l’environnement, la justice et la santé.
Enfin, le lieu de résidence influence la perception : les habitants de l’agglomération parisienne se disent légèrement plus satisfaits que ceux des villes moyennes et des communes rurales. Ces dernières apparaissent particulièrement critiques sur l’accès aux soins et la fiscalité locale.
Qui était Paul Delouvrier ?
Paul Delouvrier, haut fonctionnaire du XXe siècle, a joué un rôle notable dans la mise en place de la TVA et dans la planification administrative pendant les Trente Glorieuses. L’Institut qui porte son nom vise à nourrir la réflexion sur la modernisation et le renouvellement de l’action publique.
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Élisa Garnier est passionnée par les marchés financiers et l’analyse économique. Forte d’une expérience de 8 ans dans le journalisme économique, elle propose des articles clairs et informatifs pour aider les lecteurs à comprendre les enjeux du monde de la finance.



