Selon l’Insee, la France a vu naître 1 165 800 entreprises en 2025, soit une progression de 4,9 % par rapport à 2024. Le chiffre confirme une dynamique entrepreneuriale soutenue, mais il masque des évolutions très différentes selon les formes juridiques et les secteurs d’activité.
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ToggleDes statuts qui expliquent une grande partie de la hausse
Le régime du micro‑entrepreneur reste au cœur de la création d’entreprises. Avec 758 600 immatriculations en 2025, en progression de 5,9 % sur un an, il représente près des deux tiers des nouvelles inscriptions au registre. Les sociétés connaissent la même augmentation en pourcentage, à 301 300 créations.

En sens inverse, les formes classiques d’entreprise individuelle reculent : elles sont tombées à 105 900 créations, soit une baisse de 4,1 %. Cette divergence illustre la préférence croissante pour des structures simples et administrativement allégées, au détriment des dispositifs plus traditionnels.
Des secteurs inégalement concernés
La hausse des immatriculations ne touche pas tous les secteurs de la même façon. Le commerce enregistre la progression la plus marquée, avec 172 600 créations (+11,1 %).

Parmi les autres secteurs en forte croissance figurent les services administratifs et de soutien — ménage, secrétariat, etc. — qui gagnent 11,7 %, ainsi que l’information et la communication (+8,2 %). Dans ces activités, le développement du numérique et des plateformes favorise l’émergence de micro‑entreprises.
À l’inverse, la construction recule de 3,8 % et les activités financières et d’assurance chutent de 13,9 %. L’industrie reste globalement stable (+0,6 %), mais affiche des trajectoires différentes selon le statut juridique adopté par les créateurs.
Changement dans les modes de vente
Un mouvement notable concerne les formes de commercialisation. Les créations d’entreprises individuelles liées à la vente à domicile continuent de diminuer, signe d’un modèle en perte de vitesse.
En revanche, la vente à distance progresse fortement, portée majoritairement par des micro‑entrepreneurs. La bascule vers le commerce en ligne contribue ainsi au profil récent des créations.

Immatriculer n’est pas toujours ouvrir
Il faut distinguer l’immatriculation administrative et le véritable démarrage d’activité. Sur les périodes observées, environ 69 % des entreprises créées deviennent économiquement actives dans les deux ans qui suivent leur enregistrement.
Les sociétés affichent le meilleur taux de concrétisation : 87 % sont actives au bout de deux ans. Les entreprises individuelles classiques se situent nettement plus bas (59 %), en partie à cause du recul des vendeurs à domicile. Les micro‑entrepreneurs occupent une position intermédiaire.
Un profil de créateur plutôt jeune, des inégalités persistantes
L’âge moyen des créateurs d’entreprises individuelles reste stable à 35 ans en 2025. Près de 40 % d’entre eux ont moins de 30 ans, une proportion encore plus élevée parmi les micro‑entrepreneurs.
Les jeunes se concentrent particulièrement dans les secteurs du numérique, de l’audiovisuel et de certaines professions de santé, domaines où le démarrage est souvent rapide après la formation. À l’inverse, les branches nécessitant plus de capitaux ou d’expérience — bâtiment, transport de voyageurs — attirent moins de jeunes porteurs de projet.
La part des femmes parmi les créateurs d’entreprises individuelles se maintient autour de 44 %, traduisant une progression lente mais inachevée vers une plus grande parité.
Au total, l’année 2025 confirme une vitalité de l’entrepreneuriat français, alimentée par le recours massif au régime micro et par l’essor des activités liées au numérique et à la vente à distance. Reste à mesurer, dans les années à venir, combien de ces créations deviendront des entreprises durables et sources d’emplois.
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Élisa Garnier est passionnée par les marchés financiers et l’analyse économique. Forte d’une expérience de 8 ans dans le journalisme économique, elle propose des articles clairs et informatifs pour aider les lecteurs à comprendre les enjeux du monde de la finance.



