La montée des prix du pétrole liée au conflit au Moyen‑Orient et au blocage du détroit d’Ormuz pèse désormais sur le transport aérien. Si les compagnies ont déjà répercuté la hausse sur les nouveaux billets, la possibilité de réclamer un supplément pour des réservations antérieures varie selon le type de prestation.
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ToggleBillets vendus seuls : le tarif est en principe figé
Pour un vol sec — c’est‑à‑dire un billet vendu sans autre prestation — le tarif fixé au moment de l’émission du titre de transport ne peut normalement pas être augmenté. Une fois le billet émis, la compagnie ne peut pas demander un complément pour couvrir la hausse du carburant.
Exception pratique : la clause de « flexibilité » appliquée par certaines compagnies
Cependant, quelques transporteurs ont introduit des clauses contractuelles autorisant une révision du prix après paiement. La low‑cost espagnole Volotea a, depuis le 16 mars 2026, inscrit dans ses conditions une formule permettant d’ajuster le prix en fonction de l’évolution du prix du kérosène mesuré une semaine avant le départ. Le supplément maximal annoncé est de 14 € par passager et par vol. En contrepartie, la compagnie offre la possibilité de modifier ou d’annuler la réservation sans frais jusqu’à quatre heures avant le départ.
Cette pratique suscite des interrogations sur sa conformité au droit. Le ministre des Transports a demandé à la Direction générale de l’aviation civile d’examiner la question, en rappelant que la réglementation applicable relève également du cadre européen.
Voyages à forfait : la hausse est possible si le contrat le prévoit
Les règles sont différentes pour les formules combinant vol et hébergement. Un voyagiste peut majorer le prix d’un voyage à forfait uniquement si le contrat contient une clause de révision des prix précisant la méthode de calcul. Cette clause doit respecter la directive européenne sur les voyages à forfait.
Les motifs autorisés
- hausse du prix des carburants,
- augmentation de taxes ou redevances (par exemple taxes aéroportuaires),
- variation défavorable des taux de change liés au voyage.
Le voyagiste doit notifier toute majoration au plus tard 20 jours avant le départ, de manière claire. Si l’augmentation excède 8 % du prix total, le voyageur peut annuler gratuitement et obtenir le remboursement intégral des sommes versées. Si la hausse est inférieure à 8 %, le client doit soit s’acquitter du complément, soit renoncer au voyage en respectant les conditions d’annulation prévues au contrat, y compris les frais éventuels.
Annulation de vols : reprogrammation ou remboursement
Certains vols ont été supprimés car devenus non rentables face à la flambée du prix du kérosène. Lorsqu’un vol est annulé, le passager peut exiger soit une place sur un autre vol, soit le remboursement du billet s’il choisit de renoncer à son déplacement.
Les compagnies ne sont pas tenues de verser une indemnisation si l’annulation a été communiquée au moins deux semaines avant la date prévue. De même, aucune compensation n’est due si la compagnie propose une solution de remplacement dont les horaires sont comparables à ceux initialement prévus.
Faillite d’une compagnie : droits selon le type d’achat
En cas de cessation d’activité de la compagnie, les recours des voyageurs diffèrent selon qu’ils ont acheté un vol sec ou un voyage à forfait.
Pour un billet acheté seul, si le paiement n’a pas encore été débité, il est possible de s’opposer à la transaction auprès de sa banque. Lorsque le paiement a été effectué par carte, le titulaire peut solliciter la banque émettrice pour engager une procédure de chargeback (rétrofacturation).
Si ces voies sont inexistantes ou infructueuses, le passager peut déclarer sa créance auprès du liquidateur de la compagnie, mais les particuliers ne sont pas des créanciers prioritaires et ont peu de chances d’être remboursés rapidement, voire totalement.
En revanche, pour un voyage à forfait, l’agence ou le tour‑opérateur doit proposer une solution : remboursement, réacheminement ou organisation d’un vol de remplacement. Si la faillite survient en cours de séjour, le professionnel a l’obligation d’assurer le rapatriement des clients.
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Élisa Garnier est passionnée par les marchés financiers et l’analyse économique. Forte d’une expérience de 8 ans dans le journalisme économique, elle propose des articles clairs et informatifs pour aider les lecteurs à comprendre les enjeux du monde de la finance.


