Les dons aux associations fléchissent alors que les Français se disent plus inquiets face au contexte national et international. Le dernier Baromètre de la Solidarité des Apprentis d’Auteuil, réalisé par Ipsos‑BVA, montre une baisse moyenne des contributions et signale des tensions potentielles pour le financement du secteur associatif.
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ToggleUn recul des montants lié à l’incertitude
La septième édition du baromètre pointe une diminution du montant moyen des dons : 336 € en 2025 contre 364 € en 2024, soit une réduction proche de 8 %. Les sondés expliquent moins renoncer à la solidarité qu’à leur propre capacité financière.
Seule catégorie à s’écarter de la tendance : les foyers les mieux dotés. Les répondants déclarant plus de 120 000 € de revenu annuel net ont versé en moyenne 2 646 €, une hausse de 14 % par rapport à l’an dernier.
Chiffres clés du baromètre
- 92 % des Français se disent inquiets du contexte international (+3 points)
- 90 % se disent préoccupés par l’instabilité politique nationale (+2 points)
- 47 % ont fait au moins un don en 2025 (-5 points)
- Montant moyen du don : 336 € (-28 €, soit -7,7 %)
- 17 % ont donné au cours du 1er trimestre 2026 (-3 points)
- 41 % des hauts revenus ont effectué un don au 1er trimestre 2026 (-15 points)
Que diraient les donateurs si la situation se détériore ?
L’étude montre une fragilité des engagements : si les circonstances s’aggravaient, 45 % des donateurs affirment qu’ils réduiraient leurs versements (augmentation de 3 points). Parmi les hauts revenus, 28 % se déclarent prêts à diminuer leurs dons (baisse de 5 points).
Les causes soutenues restent stables
Les priorités donnant une place constante aux mêmes secteurs, le top cinq des bénéficiaires n’évolue guère :
- Santé et recherche médicale — 44 % (stabilité)
- Aide aux plus démunis — 35 % (+3 points)
- Défense des animaux — 26 % (stable)
- Handicap — 23 % (stable)
- Enfance, jeunesse et éducation — 22 % (-2 points)
Profil des donateurs : un engagement qui commence tôt
La plupart des personnes interrogées disent avoir effectué leur premier don avant 35 ans. Un quart des donateurs débute même avant 25 ans. L’âge moyen du premier geste de générosité se situe à 33 ans.
Parmi ceux qui ont donné au moins une fois en 2025, 75 % considèrent le don comme un devoir pour ceux qui en ont les moyens, et 72 % déclarent ressentir utilité et fierté à donner.
Méthodologie du sondage
Le baromètre s’appuie sur une enquête menée du 25 février au 10 mars 2026. Le panel comprend 1 000 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus, ainsi que 500 répondants dont le revenu annuel net du foyer dépasse 120 000 €.
Ce que prévoit la fiscalité des dons
La réduction d’impôt dépend du type d’organisme bénéficiaire :
- 75 % de réduction pour les dons aux organismes venant en aide aux personnes en difficulté ou luttant contre les violences conjugales, dans la limite de 2 000 € de dons (disposition applicable aux dons effectués depuis le 14 octobre 2025).
- 66 % de réduction pour les autres organismes d’intérêt général ou d’utilité publique, ainsi que pour la part des dons dépassant le plafond de 2 000 € dans le premier cas.
Pour les associations et fondations, la baisse moyenne observée et la proportion de donateurs prêts à réduire leurs contributions en cas de détérioration du contexte constituent un signal d’alerte sur les ressources à venir du secteur caritatif.
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Élisa Garnier est passionnée par les marchés financiers et l’analyse économique. Forte d’une expérience de 8 ans dans le journalisme économique, elle propose des articles clairs et informatifs pour aider les lecteurs à comprendre les enjeux du monde de la finance.



