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PER : 150 milliards d’euros d’encours, quelles conséquences pour l’épargne retraite ?

Le Plan d'épargne retraite (PER) franchit le cap des 150 milliards d'euros d'encours fin 2025

Le Plan d’Épargne Retraite (PER) vient d’atteindre un cap médiatique : plus de 150 milliards d’euros d’encours. Ce chiffre attire les regards, mais il ne suffit pas à décider si le PER doit entrer — ou non — dans votre stratégie patrimoniale. Voici une approche pratique pour comprendre ce que cette masse d’argent signifie réellement et comment l’utiliser sans commettre d’erreurs courantes.

Que cache le chiffre des 150 milliards d’euros ?

Ce total rassemble des réalités très différentes. Une grande partie résulte de transferts issus d’anciens dispositifs (PERP, contrats Madelin, Article 83) vers le PER. Selon la Cour des comptes, une part importante des encours provenait de transferts (estimée à 69 % au troisième trimestre 2023), ce qui signifie que le marché a surtout été reconfiguré, plus que gonflé par une épargne nouvelle massive.

La répartition entre les compartiments illustre aussi des préférences : le PER individuel domine, avec environ 88,5 milliards d’euros d’encours (progression annuelle notable), suivi par les PER d’entreprise collectifs et obligatoires. Enfin, la part gérée par des assureurs représente une large majorité des encours, ce qui reflète l’attractivité des garanties et de la fiscalité initiale pour les détenteurs venus de l’assurance-vie.

En pratique, cela veut dire qu’un gros encours sur le plan macro n’assure pas de meilleurs rendements pour votre épargne : ce sont les caractéristiques du contrat que vous détenez qui comptent pour votre résultat personnel.

Faut-il alimenter un PER aujourd’hui ?

La réponse dépend de votre situation fiscale, de votre âge, et de vos projets. Avant les récents changements législatifs, la possibilité de déduire les versements du revenu imposable — jusque dans les plafonds prévus (10 % des revenus professionnels de l’année précédente) — rendait souvent le PER intéressant pour qui avait une tranche marginale d’imposition élevée.

Depuis la loi de finances 2026, deux éléments modifient le calcul : la fin de la déductibilité des versements après 70 ans et une hausse des prélèvements sociaux sur les rentes. Ces évolutions ne suppriment pas l’utilité du PER, mais elles réduisent sa portance automatique pour certains profils. Avant d’alimenter un PER, demandez-vous si l’avantage fiscal immédiat compense le moindre degré de flexibilité et le traitement à la sortie (rente ou capital selon l’option choisie).

Transferts d’anciens contrats : opportunité ou précipitation ?

Transférer un PERP ou un contrat Madelin vers un PER peut simplifier la gestion et harmoniser vos droits, mais attention aux conséquences pratiques : certains avantages liés à l’ancien contrat (garanties, conditions de sortie, antériorité fiscale) peuvent se modifier. Dans certains cas, des frais de transfert existent et peuvent réduire l’intérêt net de l’opération.

Que vérifier avant un transfert ?

Vérifiez les frais (versements, arbitrages, transfert), comparez la qualité de la gestion disponible et examinez les options de sortie proposées par le nouveau contrat. Pensez aussi à l’horizon temporel : si vous êtes proche de la retraite, un transfert mal préparé peut coûter cher en opportunités perdues (garanties ou conditions favorables de l’ancien contrat).

Les modifications fiscales de 2026 et leurs effets concrets

Deux changements forts introduits récemment nécessitent une lecture attentive : la limitation de la déductibilité des versements au-delà de 70 ans et une augmentation des prélèvements sociaux sur les rentes. Concrètement, cela signifie qu’alimenter un PER pendant vos dernières années actives n’offre plus le même avantage enclenché d’antan, et que la rente future pourrait être moins avantageuse net d’impôts sociaux.

Ces évolutions renforcent la nécessité d’une analyse personnalisée : pour certains, il sera préférable d’opter pour d’autres enveloppes (assurance‑vie, placements non fiscalisés) selon l’objectif recherché (liquidité, transmission, optimisation fiscale).

Checklist : 4 erreurs fréquentes à éviter

  • Confondre le volume total du marché avec la qualité d’un contrat individuel ; privilégiez l’examen des frais et de la gestion.
  • Transférer par réflexe sans comparer les garanties et les frais associés au transfert.
  • Ignorer l’impact des changements législatifs (déductibilité après 70 ans, prélèvements sociaux) sur votre horizon de retraite.
  • Ne pas intégrer le PER dans une allocation globale : le PER doit s’articuler avec l’assurance‑vie, l’immobilier et d’autres placements selon vos objectifs.

Questions pratiques que l’on entend souvent

Plusieurs situations reviennent régulièrement : comment déclarer les versements, faut-il privilégier le PER collectif de l’entreprise quand il existe, ou encore comment arbitrer entre capital et rente à la sortie. Les réponses n’ont pas de formule universelle, mais elles partagent un principe : comparez l’économie fiscale immédiate aux coûts et aux contraintes futures.

FAQ

Comment déclarer mes versements déductibles au PER ?

Les versements déductibles doivent être indiqués dans votre déclaration de revenus selon les modalités prévues par l’administration fiscale. Conservez les justificatifs fournis par votre gestionnaire car ils pourront être demandés en cas de contrôle.

Peut‑on transférer un PERP ou un contrat Madelin vers un PER ?

Oui, le transfert est possible et il explique en grande partie la croissance des encours du PER. Toutefois, avant de transférer, il est important de comparer frais, garanties et conditions de sortie pour s’assurer que l’opération est réellement avantageuse pour votre situation.

Le PER reste‑t‑il intéressant après 70 ans ?

La loi de finances pour 2026 met fin à la déductibilité des versements au‑delà de 70 ans, ce qui réduit l’intérêt fiscal d’alimenter un PER à cet âge. Si vous êtes proche de cet âge, comparez l’impact fiscal et la souplesse d’autres enveloppes avant de verser.

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