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Classement 2025 des économies mondiales les plus performantes

Classement 2025 des économies mondiales les plus performantes

Le classement 2025 publié par The Economist réserve une surprise : c’est le Portugal qui prend la première place du palmarès des performances économiques parmi 36 pays développés. Le résultat illustre des équilibres macroéconomiques favorables, mais il interroge aussi la hiérarchie traditionnelle des puissances économiques.

Méthode : cinq indicateurs pour dresser le tableau

Le magazine britannique évalue 36 économies avancées à partir de cinq critères clés : l’inflation (écart par rapport à l’objectif de 2 %), l’ampleur de l’inflation (part des biens dont les prix augmentent de plus de 2 % par an), la croissance du PIB, l’évolution de l’emploi et la performance des marchés actions.

Graphiques et tableaux illustrant cinq indicateurs économiques
Méthode : les cinq indicateurs utilisés pour classer les économies.

Pour chaque indicateur, les pays sont classés, puis une moyenne de ces classements sert à établir l’ordre final. Cette approche multiple vise à limiter les biais d’une analyse mono-critère, mais elle reste sensible aux choix méthodologiques.

Portugal en tête, l’Europe du Sud gagne du terrain

Le Portugal domine le palmarès grâce à un mix jugé vertueux : croissance soutenue, inflation maîtrisée et bourse active. Le secteur touristique revitalisé et des mesures fiscales attractives pour certains résidents étrangers contribuent à cette dynamique.

Vue diurne d'une rue portugaise animée près du littoral
Le renouveau touristique et les mesures fiscales ont soutenu la reprise portugaise.

Plus largement, les nations du Sud de l’Europe continuent leur redressement : l’Espagne figurait déjà en tête en 2024, et la Grèce avait brillé en 2022 et 2023. Sur l’édition 2025, l’Irlande et Israël complètent le podium.

Disparités au sein de l’Union et positions nationales

La carte européenne n’est pas uniforme. Plusieurs pays du Nord affichent de piètres résultats : l’Estonie, la Finlande et la Slovaquie sont en queue de classement.

L’Allemagne, première économie de la zone, pâtit d’une croissance molle et suscite des débats sur l’actualité de son modèle économique. Le Royaume-Uni souffre quant à lui d’une inflation élevée, autour de 4 % cette année.

La France se place dans le haut du tableau, à la 11e position. Malgré des turbulences politiques, elle présente une croissance modeste — environ 0,8 % en 2025 — et une inflation relativement basse, proche de 0,9 %, soit l’une des plus faibles de la zone euro.

Hors norme : la Turquie et l’inflation

À l’extrémité supérieure de l’inflation, la Turquie reste dans une situation particulière : les prix augmenteraient d’environ 35 % en 2025, un niveau qui pèse sur la confiance des investisseurs et sur la trajectoire de la croissance.

États-Unis : marché du travail robuste, inflation pénalisante

Les États-Unis offrent un contraste entre un marché de l’emploi encore solide et des tensions inflationnistes persistantes. Plus de 85 % des produits de consommation enregistreraient des hausses supérieures à 2 %, selon l’analyse retenue par The Economist.

La performance boursière américaine, souvent perçue comme un marqueur de réussite, n’apparaît que modérément spectaculaire cette année. Des valorisations élevées limitent les marges de progression rapide.

Ce que révèle le palmarès — et ses limites

Au-delà des places individuelles, le classement signale une recomposition partielle des forces économiques : des pays longtemps stigmatisés ont engagé des réformes profondes depuis la crise de la dette souveraine, et cela se voit aujourd’hui dans certains indicateurs.

Il convient toutefois de rappeler la nature indicative de ce type de palmarès. Les résultats dépendent des indicateurs choisis et de leur pondération. Ils éclairent des tendances, mais ne remplacent pas une lecture détaillée des situations nationales.

Le cas portugais : transformations structurelles

Le Portugal illustre une trajectoire de transformation entamée il y a une quinzaine d’années : réduction significative des déficits publics, dispositifs fiscaux pour retraités expatriés, incitations pour les jeunes entreprises, modernisation du tourisme et progrès vers l’indépendance énergétique.

Ces choix expliquent en partie son ascension dans le classement et pourraient inspirer des débats de politique économique ailleurs en Europe. Reste que chaque modèle reste ancré dans des contextes nationaux spécifiques.

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