L’interdiction du gaz dans le neuf entre désormais dans la pratique : à partir de 2027, les logements neufs ne pourront plus compter sur une installation gaz, y compris pour un appoint. Ce tournant, inscrit par le décret n° 2026-863 du 12 septembre 2026, relance le débat sur les choix techniques, les aides disponibles et les pièges à éviter pour maîtres d’ouvrage, architectes et futurs occupants.
Sommaire
ToggleQue signifie concrètement l’interdiction du gaz pour un permis de construire déposé en 2027 ?
La règle qui prime est la date de dépôt du permis de construire. Si un permis est déposé à partir de 2027, aucune installation utilisant du gaz ne pourra être prévue pour chauffer ou assurer un appoint dans un logement neuf. Les appareils concernés comprennent les chaudières classiques et les dispositifs hybrides qui recourent au gaz en complément d’un système électrique ou renouvelable. Un permis déposé fin 2026 peut encore intégrer une solution gaz même si le bâtiment est livré après 2027.

Comment la réglementation RE2020 a préparé cette rupture
La RE2020 avait déjà orienté le neuf vers des performances énergétiques et carbone plus strictes, rendant de fait le gaz moins compatible avec les seuils imposés, notamment en maisons individuelles. Plutôt qu’une bascule brutale, on peut voir l’interdiction comme l’aboutissement d’un mouvement amorcé depuis plusieurs années : réduction des émissions, meilleure efficacité des systèmes électriques et développement des filières renouvelables.
Quelles alternatives au chauffage au gaz s’imposent dans le neuf ?
Plusieurs solutions sont déjà éprouvées dans la construction neuve. La pompe à chaleur air/eau domine dans les maisons individuelles conformes à la RE2020, équipant plus de 80 % d’entre elles grâce à son efficacité et à des coûts d’usage réduits. Pour les immeubles collectifs, le raccordement à un réseau de chaleur urbain alimenté majoritairement par des sources renouvelables ou de récupération représente une option solide. D’autres équipements — poêles à granulés, solaire thermique, chauffe‑eau thermodynamique — restent pertinents pour des besoins spécifiques ou en complément. Dans tous les cas, il est recommandé de faire appel à des professionnels certifiés RGE pour garantir une installation conforme aux aides et aux performances attendues.

Pièges fréquents et erreurs observées par les professionnels
Plusieurs maladresses reviennent souvent lors de projets neufs où l’on remplace le gaz par des solutions électriques ou renouvelables. En voici les principales, à surveiller dès la conception :
- Sous-dimensionner la pompe à chaleur par économie initiale, entraînant des surcoûts d’usage ou un recours accidentel à des chauffages d’appoint non prévus.
- Confier l’installation à une entreprise non certifiée RGE et perdre ainsi l’éligibilité aux aides et la garantie de performance.
- Oublier l’impact du système de production d’eau chaude sanitaire dans le calcul global, ce qui peut déséquilibrer la consommation.
- Négliger la date de dépôt du permis et se retrouver dans l’incapacité d’installer une solution gaz souhaitée par le client.
Quelles attentes pour promoteurs, architectes et installateurs ?
La nouvelle règle impose une anticipation plus forte dans la conception des bâtiments : choix des systèmes dès l’avant-projet, coordination avec les gestionnaires de réseaux pour les raccordements électriques ou de chaleur, rédaction de cahiers des charges précisant les niveaux de performance attendus. Les acteurs doivent aussi maîtriser les dispositifs d’aides et de subvention, dont les orientations récentes visent à porter les soutiens à l’électrification à hauteur de 10 milliards d’euros par an à l’horizon 2030. Enfin, la montée en puissance de la pompe à chaleur, dont l’objectif est d’atteindre 1 million d’installations par an d’ici 2030 contre environ 500 000 aujourd’hui, implique une montée en compétences des filières.
Aspects pratiques pour un futur propriétaire
Si vous achetez ou faites construire, vérifiez la date de dépôt du permis et les caractéristiques de chauffage prévues. Demandez les justificatifs RGE de l’installateur et un dimensionnement chiffré des besoins de chauffage et d’eau chaude. N’oubliez pas qu’un équipement économique à l’usage peut coûter davantage à l’installation mais s’amortir rapidement grâce aux aides et aux factures plus basses.
FAQ
À partir de quand l’interdiction s’applique-t-elle exactement ?
L’interdiction est liée à la date de dépôt du permis de construire : les permis déposés à compter de 2027 ne pourront pas prévoir d’installations fonctionnant au gaz, conformément au décret n° 2026-863 du 12 septembre 2026.
Peut-on encore installer une pompe à chaleur hybride avec appoint gaz ?
Non, l’option d’un appoint gaz dans une pompe à chaleur hybride n’est plus autorisée pour les permis déposés en 2027 et après ; les solutions doivent être 100 % électriques ou issues d’énergies renouvelables.
Quelles aides souteniront la transition vers le 100 % électrique ?
Les dispositifs d’accompagnement évoluent vers une montée en puissance des aides à l’électrification, avec des mesures publiques qui visent à atteindre environ 10 milliards d’euros par an d’ici 2030, ainsi que des dispositifs comme MaPrimeRénov’ et des bonus pour les pompes à chaleur, dont les modalités peuvent changer selon les orientations nationales.
Quelles alternatives aux systèmes individuels pour les immeubles collectifs ?
Le raccordement à un réseau de chaleur urbain alimenté majoritairement par des sources renouvelables ou de récupération est une alternative pertinente pour les immeubles collectifs, complétée selon les cas par des solutions individuelles adaptées au projet.
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Laurent Delattre est un consultant en immobilier et expert en investissement. Avec plus de 15 ans d’expérience, il éclaire les lecteurs de Business Alagnon sur les opportunités du marché immobilier.



