Logo Business Alagnon

L’AMF et l’ESMA publient des recommandations pour encadrer la promotion par les finfluenceurs

Bureau lumineux avec ordinateur affichant un fil social, bloc‑notes et tasse de café

Les conseils d’investissement se multiplient sur les réseaux sociaux, entre tutoriels budgétaires, recommandations boursières et promotions de cryptomonnaies. Face aux dérives et aux risques pour les internautes, les autorités de marché ont publié des repères pour encadrer ces pratiques.

Un phénomène en croissance et des risques réels

Des comptes influents proposent d’ouvrir un PEA, d’acheter des actions, d’investir dans des cryptos ou de réduire son imposition. Le format court et viral favorise la diffusion rapide d’informations parfois incomplètes.

Écran de smartphone montrant une vidéo courte sur l'investissement
Formats courts favorisent la diffusion rapide de conseils d’investissement.

Les autorités alertent : ces sujets peuvent être techniques et comporter des pertes importantes. Les internautes ne reçoivent pas toujours assez de contexte pour évaluer les conséquences.

Quelles obligations pour les créateurs de contenu ?

L’Autorité des marchés financiers (AMF) et l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) insistent sur la responsabilité des créateurs qui parlent d’investissement. Ils doivent adapter leur communication au caractère risqué de certains placements.

Principes à respecter

  • assumer la responsabilité éditoriale vis‑à‑vis de son audience ;
  • déclarer tout paiement ou avantage lié à la promotion d’un produit ou d’une société ;
  • communiquer de façon claire, précise et non trompeuse, en particulier pour les investissements risqués ;
  • présenter les risques et ne pas ne parler que des bénéfices, et vérifier les agréments de l’entité promue ;
  • faire la distinction entre information, conseil en investissement et recommandation d’achat ;
  • maîtriser le produit ou le service promu avant d’en faire la publicité.

Rappels et sanctions : un précédent célèbre

L’AMF a déjà sanctionné des pratiques non déclarées. Elle avait ainsi mis en garde contre une promotion rémunérée d’une plateforme de bitcoins sur Snapchat et sanctionné l’influenceuse concernée.

Cette affaire, initiée en 2018, a abouti à une amende de 20 000 € infligée en 2021 pour non‑mention de la rémunération.

Formation et certification pour les « finfluenceurs »

Pour professionnaliser les prises de parole, l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP), en coopération avec l’AMF, a lancé en 2023 un certificat d’influence responsable dans le domaine financier.

Personne recevant un certificat dans une salle claire
Certificat d’influence responsable pour créateurs spécialisés en finance.

Le cursus couvre les principales familles de produits (actions, obligations, ETF, fonds, dérivés), les crypto‑actifs et les services liés aux conseils et à la gestion. Il a été mis à jour en 2025 afin d’intégrer les exigences du règlement européen sur les marchés des crypto‑actifs (MiCA).

Près d’une centaine de créateurs spécialisés se sont déjà formés et obtenu la certification. L’AMF encourage vivement ceux qui traitent de sujets d’investissement à suivre cette formation.

Le cadre légal et ses conséquences

Les autorités rappellent également les dispositions de la loi française du 9 juin 2023 encadrant l’activité d’influence commerciale. Le non‑respect de ces règles expose les créateurs à des sanctions.

Pour les internautes, la conséquence est simple : mieux repérer les contenus sponsorisés, exiger la transparence et chercher des sources complémentaires avant de prendre une décision financière.

Articles similaires

Noter cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Archive Business Alagnon