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Bilan de l’inclusion bancaire : 4,8 millions de personnes en fragilité financière fin 2025

Inclusion bancaire : 4,8 millions de personnes identifiées en situation de fragilité financière fin 2025

Le rapport 2025 de l’Observatoire de l’inclusion bancaire (OIB) de la Banque de France souligne une amélioration de la détection des personnes en difficulté financière, tout en alertant sur la montée du surendettement, surtout chez les 18-29 ans, et sur l’essor des paiements fractionnés et des mini-crédits. Ces évolutions ont des conséquences concrètes pour les consommateurs et s’inscrivent dans un contexte réglementaire en mutation.

Meilleure détection de la fragilité financière

Fin 2025, les banques ont repéré 4,8 millions de clients en situation de fragilité financière, un niveau en hausse de 5,1 % par rapport à 2024. L’OIB attribue cette progression principalement à une amélioration des outils et des pratiques de détection mise en œuvre par les établissements.

Selon le rapport, 89 % des personnes identifiées l’ont été grâce à des critères préventifs, qui vont au-delà des seuls éléments imposés par la réglementation.

Comment la fragilité est repérée

  • inscriptions prolongées au Fichier central des chèques (découvert, chèque sans provision, retrait d’autorisation de carte) ;
  • recevabilité d’un dossier de surendettement par la commission compétente ;
  • irrégularités ou incidents de paiement répétés sur une période de trois mois (au moins cinq incidents dans un même mois) ;
  • niveau des ressources créditées sur le compte, fixé par chaque banque.

La Banque de France rappelle que ces critères légaux peuvent être complétés par d’autres signaux, comme une inscription au FICP pour incident de remboursement.

L’offre spécifique clientèle fragile monte en puissance

Lorsqu’une fragilité est détectée, la banque doit proposer l’offre spécifique clientèle fragile (OCF). Fin 2025, environ 1,2 million de personnes en bénéficiaient.

L’OIB relève que certaines banques exonèrent partiellement ou totalement les bénéficiaires de frais liés aux incidents bancaires. La loi fixe un plafond global à 20 €/mois et 200 €/an ; en pratique, les établissements appliquent majoritairement des tarifs compris entre 15 et 20 €/mois.

Pour les titulaires de l’OCF, le montant moyen des frais d’incidents s’établit à 37 €/an. Par ailleurs, les frais d’incidents ont diminué pour les personnes reconnues comme fragiles sans être titulaires de l’OCF : ils sont passés de 151 € en 2019 à 106 € en 2025, soit une baisse de 29,6 %.

Surendettement : une hausse notable, surtout chez les jeunes

Les dépôts de dossiers de surendettement ont augmenté de 9,8 % sur un an, pour atteindre 148 013 dossiers en 2025. Pour mémoire, la hausse enregistrée entre 2023 et 2024 avait été de 10,8 %.

Les cinq premiers mois de 2026 affichent, selon l’OIB, une progression de 10,7 % par rapport à la même période en 2025.

L’Observatoire s’inquiète particulièrement de la croissance du surendettement chez les 18-29 ans : ils représentaient 12 % des déposants en 2025, contre 5 % en 2022. Malgré ces tensions récentes, l’OIB note une diminution globale du nombre de personnes surendettées sur la dernière décennie, le niveau de dépôts restant inférieur de 32 % à celui de 2015.

Paiements fractionnés et mini‑crédits : diffusion et risques

Les solutions de paiement différé et les petits crédits à la consommation pèsent désormais pour 14,6 % du marché des crédits à la consommation (hors découverts) en 2025. L’Observatoire met en garde contre les risques accrus que ces produits font peser sur les publics fragiles, en particulier les jeunes.

Le rapport recommande la consultation systématique du FICP par tous les acteurs avant l’octroi d’un crédit. Il rappelle aussi qu’à partir de la fin novembre 2026, les paiements fractionnés et les mini‑crédits seront soumis aux mêmes règles d’octroi que les crédits à la consommation, lors de la transposition en droit français de la nouvelle directive européenne.

Accompagnement des victimes de violences économiques intrafamiliales

L’OIB souligne les actions menées par des associations, des structures sociales, des banques, les conseils départementaux et la Banque de France pour informer et soutenir les personnes victimes de violences économiques.

Par exemple, une personne qui ne dispose que d’un compte joint et se voit refuser l’ouverture d’un compte individuel peut saisir la procédure du droit au compte. Pour établir leur domicile, les victimes peuvent produire une attestation d’élection de domicile ou une attestation d’hébergement délivrée par une personne ou une structure.

La Banque de France met des ressources en ligne pour orienter ces victimes vers les interlocuteurs utiles et répondre à leurs questions bancaires et assurantielles.

L’Observatoire de l’inclusion bancaire, présidé par le gouverneur de la Banque de France et rassemblant représentants d’associations, établissements financiers et pouvoirs publics, a pour mission de promouvoir l’accès aux services bancaires essentiels et de prévenir le risque de surendettement.

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