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Cette dynamique de l’épargne solidaire redonne du sens à vos placements

L’épargne solidaire en pleine forme : quand vos placements ont du sens

En 2025, l’épargne solidaire a atteint 34 milliards d’euros d’encours, une progression de 15 % sur un an — la plus forte depuis 2021. Ce mouvement tient à la fois à des nouvelles souscriptions, à des gains de marché et à une offre labellisée qui s’élargit.

Trois moteurs expliquent la hausse

L’édition 2026 de l’association FAIR confirme un basculement : la finance solidaire séduit davantage d’épargnants et s’affirme désormais sur le plan financier.

Concrètement, trois facteurs ont joué ensemble en 2025. D’abord, les nouvelles souscriptions : environ 2,5 milliards d’euros de flux nets ont alimenté le secteur. Ensuite, la performance des éléments boursiers présents dans certains fonds solidaires a généré près de 2 milliards d’euros de gains. Enfin, l’arrivée de produits supplémentaires labellisés Finansol a renforcé le périmètre à hauteur d’environ 700 millions d’euros.

Pour FAIR, ces chiffres montrent que la finance solidaire progresse non seulement pour ses valeurs, mais aussi parce qu’elle peut offrir des résultats financiers attractifs. Patrick Sapy, directeur général de FAIR, met en avant la mobilisation de l’ensemble de l’écosystème et note que la plupart des grands réseaux bancaires et assurantiels proposent désormais au moins un produit labellisé Finansol.

L’épargne salariale reste le principal canal

Le premier réservoir reste l’épargne salariale, qui concentre 54 % des encours, soit 18,5 milliards d’euros (+13 % sur un an).

Plus de 13 millions de salariés ont accès à un plan d’épargne entreprise (PEE) ou à un plan d’épargne retraite collectif (PERCOL/PERECO). Depuis 2008, ces dispositifs doivent proposer un fonds solidaire dans leur gamme. Aujourd’hui, environ 8 % des souscripteurs à un PEE optent pour ce type de fonds : une part encore limitée, mais en progression constante.

Ces fonds consacrent obligatoirement entre 5 % et 10 % de leurs encours à des entreprises agréées ESUS (entreprises solidaires d’utilité sociale). Chaque année, des centaines de millions d’euros sont ainsi orientés vers des structures qui créent des emplois, développent les énergies renouvelables ou facilitent l’accès au logement.

Banques et assurances accélèrent leur offre

Les produits bancaires et d’assurance représentent aujourd’hui 14,2 milliards d’euros, soit une hausse de 19 % en un an. Deux dynamiques expliquent cette poussée.

La première concerne les livrets solidaires. Dans un contexte où les taux réglementés ont baissé — le Livret A est passé à 1,75 % début 2025 — certains livrets solidaires ont proposé des taux bonifiés. Par exemple, les Livrets d’Épargne pour les Autres du Crédit Mutuel et du CIC ont affiché 2,20 %, grâce au mécanisme dit de « dividende sociétal », qui reverse une part du résultat net au financement de projets à impact social et écologique.

La seconde dynamique est venue de l’assurance-vie : le contrat « Responsable et Solidaire » de la MAIF, labellisé Finansol, a vu ses encours augmenter de 924 millions d’euros sur un an (+22 %). Ce résultat illustre le potentiel de l’assurance-vie — qui totalise plus de 1 900 milliards d’euros au niveau national — comme levier pour développer la finance solidaire.

Des financements qui se matérialisent localement

Les sommes mobilisées ont des retombées concrètes sur le terrain. En 2025, 848 millions d’euros ont été affectés à des projets solidaires : 67 % en direction des structures sanitaires et sociales, 25 % pour la transition écologique et 5 % vers la solidarité internationale.

Quelques exemples illustrent ces impacts. À Rennes, l’association Fratries développe des colocations mixtes réunissant jeunes actifs et personnes avec un handicap mental. Soutenue par des investisseurs solidaires — mutuelles, foncières à impact et la Banque des territoires — chaque logement représenterait, en moyenne, 130 000 euros d’économies annuelles pour les finances publiques par rapport à un parcours institutionnel classique. Le taux d’insertion en milieu ordinaire des résidents atteint 81 %, un niveau très supérieur à la moyenne nationale.

À Paris, Siel bleu organise des ateliers hebdomadaires d’activité physique adaptée pour des personnes âgées isolées ou en situation de handicap. L’association, active depuis 1997, a déjà accompagné près de deux millions de personnes et finance ses actions en partie grâce aux livrets solidaires.

Impacts chiffrés de 2025

Au total, la finance solidaire a permis, en 2025, la création de 11 372 emplois, le relogement de plus de 2 000 personnes, l’alimentation en électricité renouvelable de 73 893 personnes supplémentaires, et l’octroi de 28 447 prêts sociaux, dont une majorité a bénéficié à des femmes.

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