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Publié le 20 juillet 2017


Un inventaire des populations d’écrevisses sur l’Alagnon et ses affluents

 

Alors que la pêche des écrevisses à pattes blanches est interdite depuis 2012, les connaissances de l’état des populations de l’espèce font de plus en plus défaut .

 

Des prospections et inventaires de 600 kms de cours d’eau sont actuellement en cours sur l’ensemble du bassin versant de l’Alagnon (Département 15 , 43 et 63) . Celles-ci ont principalement lieu la nuit .

 

Jusqu’à la mi octobre, une équipe de 7 techniciens de la Fédération de Pêche du Cantal recherche cette espèce bio-indicatrice et révélatrice de l’état du milieu aquatique  ( 1 ) .

 

Cet inventaire s’intègre dans une politique globale de gestion de la ressource en eau (quantitative et qualitative), des cours d’eau et de la préservation de la biodiversité. C’est le fruit de nombreuses années de travail en commun et une volonté des présidents de la Fédération de Pêche Marc GEORGER et du SIGAL Michel DESTANNES .

 

Différents outils, portés par le SIGAL et soutenus par l’Agence de l’Eau Loire Bretagne à hauteur de 80 %, sont utilisés pour atteindre des objectifs ambitieux :

  •  Le  SAGE Alagnon qui encadrera à terme la gestion de l’eau sur le bassin versant de l’Alagnon. Des indicateurs de qualité des milieux aquatiques sont définis, et parmi ceux-ci figure l’Ecrevisse à pattes blanches, dont l’état des populations reflète la qualité globale des cours d’eau (qualité physico-chimique de l’eau, morphologie et fonctionnalité, etc.).

 

  •  Le  Contrat Territorial « Alagnon 2017-2022 ». La signature de ce contrat aura lieu en juillet et les actions qui suivront mobiliseront de nombreux partenaires sur les thématiques de la gestion de la ressource en eau et des espèces aquatiques sur le territoire du bassin versant de l’Alagnon.  

 

  •   Le site Natura 2000 « Vallées de l’Allanche et du Haut-Alagnon »  fait partie du réseau de sites dits « linéaires » auvergnats. Au départ rattaché au site régional « Lacs et rivières à Loutre » et « Rivières à Ecrevisses à pattes blanches », ce site a été individualisé dans un souci de cohérence et de rapprochement  local.  Depuis la fin de l’année 2015, le SIGAL en est la structure porteuse. L’enjeu principal (mais pas unique) réside dans le maintien des populations d’Ecrevisses à pattes blanches, espèce emblématique des cours d’eau d’altitude .

 

 

Cet inventaire permettra  l’établissement d’un état des lieux précis en 2017 de la présence ou absence des écrevisses à pattes blanches, mais aussi des espèces « exotiques » ( 2 ). 

 

En plus d’avoir un indicateur de l’état des cours d’eau, il  servira  aussi à  développer des actions autour des populations d’écrevisses. Assainissement des eaux usées, restauration et protection des berges ou amélioration des traversées de cours d’eau, etc… l’argument de la présence de cette espèce permettra d’aller chercher des financements pour restaurer la qualité des cours d’eau au sens large !

 

C’est bien tout l’esprit de la Fédération de Pêche et du SIGAL, acquérir de la connaissance … pour passer à l’action ! »

 

 

 

 

( 1 ) Théo DUPERRAY, spécialiste français des écrevisses, a assuré un complément de formation à l’ensemble des techniciens de la Fédération de Pêche et du SIGAL

 

 

 

( 2 ) Espèces « exotiques » :

 

ATTENTION DANGER POUR LA BIODIVERSITE

 

L’écrevisse de Californie, dite "Signal" en fait partie. Son apparition  dans le Cantal remonte à environ 30 ans sur le bassin de la Cère, 15 ans pour celui de l’Alagnon.

Elle est classée par le Code de l’Environnement comme  : « espèce susceptible de provoquer des déséquilibres biologiques » .

 

Sa présence dans les cours d’eau explique en partie le déclin des populations d’écrevisses à pattes blanches car la première, outre la concurrence qu’elle génère, est porteuse saine d’un maladie contre laquelle les écrevisses autochtones ne sont pas immunisées.

Elle est plus agressive, moins sensible aux perturbations du milieu et se nourrit de poissons et d’invertébrés de la macro faune benthique  .

 

La Fédération de Pêche du Cantal rappelle aux pêcheurs que son introduction dans les cours d’eau et plans d’eau est formellement interdite. C’est un délit puni d’une forte amende .