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Publié le 26 juillet 2016


Un conseil syndical délocalisé en montagnes autour du bilan du Contrat Territorial et de la politique agro-environnementale

 

 

Le dernier conseil syndical du Syndicat Interdépartemental de Gestion de l’Alagnon s’est tenu au buron de la Coopérative de Transhumance et d’Amélioration des Systèmes Agricoles (COPTASA) près de Pradiers, dans les estives du Cézallier.

 

L’occasion de faire le bilan du Contrat Territorial Alagnon 2011-2016 qui s’achève et de faire un zoom sur les actions en lien avec le monde agricole.

 

Des partenaires forts du SIGAL assistaient à cette séance : Agence de l’Eau Loire-Bretagne, Chambre d’agriculture, COPTASA, Conservatoire des Espaces Naturels d’Auvergne et Office Nationale de l’Eau et des Milieux Aquatiques (ONEMA).

 

 

 

 

6 années d’actions concrètes sur les cours d’eau

 

De nombreux domaines ont été concernés par le programme d’actions 2011-2016.

 

17 communes ont amélioré ou créé leurs systèmes d’assainissement collectif. Sur plusieurs de ces chantiers la qualité des rivières à l’aval s’est améliorée.

 

Près de 90 kilomètres de berges ont connu le passage de professionnels pour ramasser les déchets, effectuer une taille de la végétation et sur 37 kilomètres installer une clôture avec aménagements de points d’abreuvement pour le bétail.

 

 

Onze barrages ou seuils perturbant la circulation des poissons ont été aménagés (suppression, modification ou installation d’une passe à poissons). Les résultats sur ce volet sont probablement les plus parlants puisque certains cours d’eau ont vu la reproduction de la truite fario exploser après les aménagements (Sianne, Violette, Alagnonnette, …).

 

 

Sur les zones humides (sagnes, tourbières, prairies humides, …), les conseils apportés gratuitement aux exploitants ont été très appréciés. Trois programmes de travaux ont permis d’aménager (points d’abreuvement, de franchissement, …) une vingtaine de parcelles d’agriculteurs qui ont pu accéder à un soutien financier notable (80% de subventions).

 

 

 

Les membres présents ont d’ailleurs pu aller visiter sur place des aménagements. Pour Laurent Bouscarat, directeur de la COPTASA « Nous avons pu travailler ensemble car les programmes sont bâtis sur la base du rapport gagnant/gagnant entre exploitant agricole et milieu naturel. Notre souhait est que cette coopération se poursuive et que d’autres réalisations suivent. »

 

 

Le programme d’éducation à l’environnement a touché plus d’un millier d’enfants qui deviendront les citoyens de demain et qui dès aujourd’hui véhiculent des messages auprès des adultes !

 

 

Au final, un peu plus de 5,6 millions d’euros ont été investi sur le territoire sur six années. Le SIGAL a participé à hauteur de 5%. En plus de l’intérêt environnemental, l’impact économique sur ce territoire rural a été souligné par de nombreux élus. Sur les bases d’un rapport comprenant une critique et des propositions d’amélioration, le SIGAL travaille actuellement à l’élaboration d’un nouveau programme 2017-2022.

 

 

Pour Fany Chaillou, de l’Agence de l’Eau Loire-Bretagne, « nous pouvons collectivement afficher que ce Contrat Territorial a été une réussite. Le SIGAL est par ailleurs reconnu à une plus grande échelle pour la réalisation d’opérations innovantes ayant des résultats positifs sur les milieux aquatiques. Le bilan réalisé laisse aussi une large place à de l’autocritique constructive qui permettra d’améliorer encore les outils de demain ».

 

 

 

Un programme agricole spécifique

 

 

Sollicité par de nombreux acteurs du territoire (chambres d’agriculture, Parc des Volcans, collectivités, …) le SIGAL a monté puis porte actuellement un Projet Agroenvironnemental et Climatique (PAEC).

 

 

 

Selon un zonage, les agriculteurs volontaires peuvent s’engager dans des pratiques contribuant à la bonne qualité de l’eau et au maintien de la biodiversité.

 

 

 

 

 

Le respect de ces pratiques est compensé par une aide financière variable selon le niveau d’engagement et la surface contractualisée. Une trentaine d’exploitations se sont engagées cette année représentant près de 500.000 euros d’aides sur les cinq prochaines années. Une soixantaine ont d’ores et déjà fait part de leur intérêt pour s’engager en 2017.

Ce nouvel aspect des missions du SIGAL est très bien perçu et devrait se développer dans les années futures, notamment en faisant le lien avec d’autres actions et pistes de financement.

 

 

 

Une solidarité envers l’agriculture en Cézallier

 

 

Enfin, Michel Destannes, Président du SIGAL a porté au vote l’adoption d’une motion sur la problématique des rats taupiers sur le Cézallier.

 

 

Votée à l’unanimité, elle s’appuie sur l’ampleur sans précédent des difficultés économiques engendrées, des conséquences sociales qui en découlent et des impacts environnementaux directs (perte de diversité des compositions floristiques des prairies) et indirects (perte de réceptivité des exploitants aux messages portés mais aussi développement de pratiques culturales susceptibles d’affecter la qualité des milieux).

 

 

 

Elle vise à alerter les partenaires techniques, financiers et institutionnels du SIGAL sur le nombre et l’importance des enjeux concernés par le phénomène, elle exprime tout le soutien aux exploitants directement touchés et plus généralement au tissu économique concerné, elle affirme le soutien à toute mesure permettant de soutenir à court terme les installations agricoles et enfin insiste sur l’importance de développer des mesures pérennes permettant de mieux contrôler ces pullulations à l’avenir.