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Publié le 22 avril 2014


SIGAL : une restauration de zone humide qui porte déjà ses fruits !

 

La qualité des cours d’eau est étroitement liée à celle des zones humides (tourbières, narses, marais, prairies humides, etc.). Et pour cause, ce sont ces zones qui alimentent directement ou indirectement les ruisseaux et rivières.

 

Le Syndicat Interdépartemental de Gestion de l’Alagnon (SIGAL) porte actuellement un programme visant à améliorer la gestion voire restaurer ces zones humides.

 

Après celle clôturant une première tranche de travaux sur la Coopérative de Transhumance et d’Amélioration des Structures Agricoles (COPTASA) à Anzat-le-Luguet, c’est une seconde réception de travaux qui vient de se dérouler à Celles, près du village de Ribettes.

Comme assez régulièrement sur la Planèze, mais aussi plus généralement sur les terrains mécanisables, la parcelle concernée avait été drainée il y a plusieurs dizaines d’années. Le petit « lac » temporaire qui existait initialement était ainsi asséché très tôt au printemps.

Marc Tourrette, propriétaire très sensible aux enjeux de biodiversité, a contacté le SIGAL pour l’assister dans un projet de restauration de la zone.

 

Un partenariat autour des travaux


Les dossiers réglementaires, le montage technique et le suivi des travaux ont été confiés au Conservatoire des Espaces Naturels d’Auvergne (CEN).

 

Ils ont consisté en un léger surcreusement de la zone et surtout au bouchage du drain reliant la zone au fossé du chemin.

Une clôture mobile a été installée autour pour gérer le pâturage et éviter le surpiétinement. Parallèlement, deux haies protégées par des clôtures ont été installées. Les travaux ont été réalisés pour partie par le propriétaire mais aussi par les élèves de bac pro Gestion des Milieux Naturels et Forêt du lycée agricole de Volzac à Saint-Flour.

 

Au final, le coût des travaux n’a concerné que le matériel soit environ 1.200 euros. Via le portage par le SIGAL, le reste à charge pour le propriétaire est de 120 euros, les subventions provenant de l’Agence de l’Eau, la Région Auvergne, le Conseil général et la Fédération de pêche du Cantal.

Marc Tourrette insiste sur « l’importance de l’appui du SIGAL et du CEN. Il serait bien trop compliqué d’aborder les montages techniques, financiers et administratifs seuls. Le soutien financier est aussi un critère déterminant ».

 

 

Des résultats rapides et encourageants


La partie ennoyée de la parcelle est restée en eau jusque fin août contre fin avril d’habitude. Dès la première année, des résultats concrets sont visibles.

 

Les populations de grenouilles se portent mieux avec une explosion de grenouilles rousses mais aussi l’apparition d’une espèce (grenouille verte). Douze espèces de libellules sont présentes contre trois avant !

 

Pour les oiseaux, l’opération a permis la pose lors des phases migratoires de cigognes noires, chevaliers cul-blanc, fuligules morillons mais aussi la reproduction d’espèces inconnues sur site avant : colvert, poule d’eau, foulque, grèbe castagneux..

 

Pour Sabine Boursange de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) Auvergne, animatrice du site Natura 2000 de la Planèze de Saint-Flour : « cet exemple simple démontre à quel point toute la Planèze pourrait retrouver sa fonction de corridor biologique si de telles actions étaient démultipliées sur tout le plateau. ».

 

 

La suite


Le suivi écologique se poursuit sur le site avec l’espoir et la conviction de voir se développer d’autres espèces inféodées à ces milieux.

A l’échelle du bassin de l’Alagnon, le SIGAL poursuit actuellement des travaux en partenariat avec cinq agriculteurs et défend un nouveau dossier pour quatre autres dès 2014.

Les aménagements concernés visent alors à concilier usage agricole et qualité des milieux aquatiques.