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Qualité de l’eau sur l’Alagnon… encore des efforts à faire


Publié le 6 octobre 2014



Dans le cadre des outils développés, le Syndicat Interdépartemental de Gestion de l’Alagnon (SIGAL) porte un réseau de suivi de la qualité des cours d’eau de son territoire. Le bureau d’études ACWED, missionné pour conduire ces investigations pour 2013, a rendu ses résultats aux élus du SIGAL lors de leur dernier conseil syndical.

 

Des résultats qui ne peuvent être jugés satisfaisants

 

Les zones les plus en amont présentent souvent des caractéristiques de cours d’eau de bonne à très bonne qualité (haut de l’Alagnon, de l’Allanche, de la Sianne, …) mais au fur et à mesure, leurs parcours présentent des discontinuités dans la qualité.

 

 

Pour l’Alagnon, le secteur de Laveissière-Murat semble être le plus problématique avec des impacts nets d’effluents domestiques. La situation tend à s’améliorer dans les zones de gorges mais les apports réguliers, directs ou via les affluents, impactent les peuplements biologiques. Ces excès de nutriments conduisent au développement de micro-algues (biofilm) sur les surfaces des galets. Au final, l’Alagnon dans sa partie terminale (Puy-de-Dôme), plus chaude et souffrant fréquemment d’un manque de débit, présente une perte de qualité biologique (état moyen).

 

Sur l'Allanche, la rupture est faite dès la commune d'Allanche. L'origine des nutriments observés n'est pas précisément déterminée mais il est fort probable que les sources de pollution se partagent entre effluents domestiques et agricoles. Grâce à des débits importants, la qualité reste toutefois bonne mais ces éléments viennent grossir ceux présents dans l’Alagnon.

 

L'Arcueil, dès les plateaux de Vieillespesse, présente une charge organique récurrente, observée depuis plusieurs années. L’Alagnonnette subit quant à elle des rejets suspects notamment en période orageuse.

 

Le Saduit et le Roche présentent les plus mauvaises qualités, entrainant une qualification en « médiocre état ».

 

 

 

Au final, les indices biologiques révèlent une eutrophisation latente mais grâce à la qualité des habitats et une bonne oxygénation, la qualité globale reste sur l’ensemble correcte. Les débits des cours d’eau sont aussi extrêmement importants. En année humide ils participent à un effet dilution, mais en année sèche l’impact des apports polluants peut se faire très durement ressentir.

 

Une gestion de l’autoroute A75 qui pose beaucoup de questions…

 

Le SIGAL n’a jusqu’alors jamais obtenu de réponse de l’Etat à ses interrogations sur ses inquiétudes concernant l’absence d’équipement de gestion des eaux de ruissellement de l’autoroute A75. C’est pourquoi certaines analyses ont été conduites sur l’étang communal de la Fageole, sur la commune de Vieillespesse. Celui-ci reçoit les eaux des fossés collectant le lessivage de l’autoroute puis se rejette dans un petit affluent de l’Arcueil.

 

Les analyses sont sans appel… Les sédiments contiennent des concentrations qualifiées de « médiocre » pour trois métaux lourds (Cadmium, Chrome et Zinc) et douze Hydrocarbures Aromatiques Polycycliques (HAP) dont sept reconnus cancérigènes par l’Institut National de l’EnviRonnement Industriel et des RisqueS (INERIS). Tous ces résidus sont rattachés au lessivage de l’A75 sans aucune ambigüité. La question de l’impact sur la faune piscicole mais aussi sur la santé humaine en cas de consommation de poisson semble ici bien légitime…

 

 

Prise de conscience collective et réelle volonté

 

Pour Michel Destannes, Président du SIGAL « il faut savoir entendre toutes les vérités, même si parfois cela est dur, notamment quand des efforts ont déjà été réalisés. Etat, collectivités, agriculteurs, industriels, nous avons tous une part de responsabilité dans les problèmes évoqués. Ce bassin présente des richesses incroyables. Si nous voulons qu’il garde et même qu’il développe une image de territoire préservée, attractif pour les touristes mais aussi pour ses habitants, nous devons développer les outils techniques et financiers qui permettent de minimiser au mieux l’impact des activités. Et pour cela, j’espère recueillir l’assentiment de nos concitoyens, car c’est leur soutien qui le permettra.»