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Publié le 5 janvier 2017


Lancement du projet « Cézallier, vers un territoire exemplaire bio »

 

Depuis juillet 2016, Ardes Communauté, la communauté de Communes du Cézallier et celle du Pays de Massiac ont lancé un projet de développement de la bio sur le territoire du Cézallier, financé par la région Auvergne et prochainement par des fonds européens LEADER (poursuivi par l’Agglo Pays d’Issoire et Hautes Terres Communauté) : un projet global et transversal pour dynamiser le territoire à travers une meilleure valorisation des produits locaux.

 

Le Cézallier, un territoire aux multiples potentialités… à valoriser        

 

Le Projet « Cézallier, vers un territoire exemplaire bio » est menée sur l’ensemble des 3 communautés de communes porteuses du projet, et recouvre l’entité géographique Cézallier.

Sur les hauts plateaux du Cézallier, dont l’altitude atteint 800 à plus de 1500m, se développe une agriculture de montagne, centrée autour de l’élevage lait et viande et des estives. Plus bas, les cultures et le maraichage peuvent s’implanter. Ce territoire, d’environ 110 000 ha, concerne environ 10 000habitants.

 

L’activité économique de ce territoire repose essentiellement sur l’agriculture. La production laitière du territoire est pour la plupart concernée par au moins une des AOP fromagères Auvergnates, tandis que l’élevage allaitant est surtout dédié à la production de broutards à destination d’un engraissement à l’extérieur de nos frontières. On rencontre également des éleveurs de chèvres ou de brebis, et, principalement autour de Massiac, des maraichers, viticulteurs, et horticulteurs. La culture de céréales est assez fréquente en bordure du plateau, et le long de la vallée de l’Alagnon.

 

 

Ce territoire aux multiples potentialités souffre pourtant d’un déclin démographique certain.

L’ensemble de la population est plus ou moins directement liée à l’agriculture. Et si ce secteur est fragilisé, c’est l’ensemble de la population qui est touchée : agrandissement et non reprise des exploitations, vieillissement des agriculteurs, déficit d’installation, crises agricoles à répétition… En découle alors un déclin démographique global, entrainant diminution des services publics et perte d’attractivité touristique.

 

C’est à ces problématiques qu’ont voulu s’attaquer les 3 communautés de communes avec le projet « Cézallier, vers un territoire exemplaire bio », soutenu financièrement par un appel à projets de la Région Auvergne.

Adapter et valoriser les productions pour maintenir les exploitations, les faire reprendre et endiguer le déclin démographique, tout en préservant la qualité environnementale des espaces ruraux et de leurs paysages par des activités respectueuses des ressources, notamment pas une agriculture de qualité, c’est l’enjeu du projet « Cézallier, vers un territoire exemplaire bio ».

En effet, l’agriculture biologique est un des moyens de valorisation des productions, tant en termes financiers qu’environnementaux, mais c’est également vecteur d’images positives. Couplée à des enjeux touristiques, elle constitue ainsi un facteur positif de développement économique, qualitatif et local.

Il s’agit donc de faire connaitre et reconnaitre le Cézallier comme territoire identitaire, basé sur une agriculture qualitative, un territoire reconnu et attractif, tant pour les nouveaux arrivants que pour les visiteurs touristiques ; le tourisme étant le deuxième pilier de l’économie locale.

 

Les objectifs du projet « Cézallier, vers un territoire exemplaire bio »      

 

  • Une meilleure valorisation des produits pour une meilleure rentabilité des exploitations : l’agriculture du Cézallier est relativement extensive. Sur de nombreux points, elle se rapproche du règlement bio. Pourtant, elle n’en tire pas les avantages, notamment le prix payé aux producteurs (en lait surtout) ou sur la création de valeur ajoutée sur le territoire (transformation, engraissement…).

 

  • Agriculture de qualité reconnue : l’agriculture extensive du Cézallier valorise les pâturages et les estives. En étant certifiées bio, les pratiques agricoles du Cézallier seront officiellement et incontestablement préservatrices de l’environnement et des paysages.

 

  • Dynamisation de l’agriculture et des filières locales : le projet « Cézallier, vers un territoire exemplaire bio », en adaptant les pratiques et les habitudes, va permettre d’insuffler une nouvelle perspective à l’agriculture du territoire. Celle-ci s’accompagne de la création et/ou la relance de filières novatrices, créatrices de valeur ajoutée sur le territoire.

 

  • A l’instar de son voisin l’Aubrac, qui a su dès les années 60, faire le choix de l’authenticité en faisant connaitre et reconnaitre ses produits locaux (fromage de Laguiole devenu AOP, races locales, foin…), le Cézallier souhaite, à travers le projet « Territoire exemplaire bio » réaffirmer son attractivité touristique et son rayonnement.

 

  • Un tel projet allie donc des objectifs économiques, environnementaux, sociaux et touristiques, et concerne l’ensemble des habitants du Cézallier.

 

 

Les axes de travail

 

« Cézallier bio, vers un territoire exemplaire bio » est un projet transversal de territoire. Il s’adresse aux agriculteurs, mais il doit aussi concerner les filières de valorisation et de transformation, les habitants et leurs enfants, les élus, et même les touristes.

Il s’articule autour de 3 axes.

 

  • Susciter et accompagner le développement des conversions et installations vers la bio en rencontrant les producteurs du territoire, en levant les freins (techniques, réglementaires ou simplement ressentis), en organisant des formations, portes ouvertes chez des producteurs bio, des temps d’échanges entre agriculteurs, en diffusant des références technico-économiques et, pour les plus intéressés, la réalisation de diagnostics de conversion vers la bio. Les porteurs de projets souhaitant s’installer sur le territoire seront aussi accompagnés : rencontres avec les cédants, appui à la recherche de foncier, …

 

Pour cela, Coralie Pireyre, chargée de mission « Cézallier, vers un territoire exemplaire bio » travaillera en lien avec les Chambres d’Agriculture du Cantal et du Puy de Dôme, le réseau des producteurs bio FRAB Aura et

ses groupements du Cantal (Bio 15) et du Puy-de-Dôme (Bio 63), ainsi que les autres structures agricoles qui peuvent intervenir sur ce territoire (Cant’ADEAR, la SAFER, le Pole Bio Massif Central…).

 

 

  • Structuration et organisation des filières bio sur le territoire. Un développement et une pérennisation de la production bio sur un territoire ne peuvent se faire sans une assurance de débouchés pour les producteurs. Il est donc primordial de travailler d’une part avec les opérateurs existants, qu’ils aient déjà une activité bio ou non afin de réfléchir avec eux à une organisation des collectes et des réseaux. Par ailleurs, afin de créer une valeur ajoutée supérieure, il peut être pertinent d’imaginer avec les producteurs de nouvelles filières, de nouveaux modes de transformation et de commercialisation des produits bio du Cézallier. Les collectivités pourraient s’engager à soutenir les investissements liés à la transformation, en mobilisant notamment des fonds Européens. Les produits bio seront aussi mis en avant dans les lieux de restauration hors domicile (restaurants scolaires, EHPAD, restaurants d’entreprise…).

 

Sensibilisation des habitants et des touristes. Afin de créer une véritable dynamique de territoire, il est important d’associer les personnes qui vivent ou séjournent sur le territoire. Des actions seront donc proposées envers les enfants (animations pédagogiques en classe, sur les temps périscolaires ou sur le temps des repas). Des informations et animations autour de la bio locale et ses produits seront organisées lors des différentes foires et manifestations existantes, mais aussi lors de la création d’événements spécifiques (Fête nationale du lait bio par exemple, le 1er dimanche de juin). Les offices du tourisme seront sensibilisés à la démarche afin d’en informer les touristes.

 

Olivier Charbonnel, éleveur allaitant en conversion vers l’agriculture bio à Landeyrat (15) 

« Un projet comme ça ne peut être que bénéfique à l’agriculture du territoire, surtout vu le contexte général de l’agriculture. Mais le bio est encore mal vu dans les campagnes. L’image de l’éleveur de chèvre du Larzac persiste et ça peut être compliqué de faire adhérer les producteurs au projet. Le plus dur va être de faire évoluer les mentalités, plutôt que les pratiques agricoles. Par contre les consommateurs, eux, sont archi prêts à consommer du bio, surtout dans les cantines. Mais il faut tout de même que le prix des produits bio, tout en étant rémunérateur pour les agriculteurs, reste raisonnable, afin que la bio soit accessible à tous ».

 

 

 

 

Bernard Veissière, président de Ardes Communauté   

« Avec mes collègues présidents de communautés du Cézallier et du Pays de Massiac, nous avons constaté que l’agriculture de montagne manquait de reconnaissance, tant sur l’image que sur la valorisation.

Parmi les pistes de développement, le bio pourrait permettre de répondre à une nouvelle demande, qui croît régulièrement, et de mieux valoriser le travail, en créant une marge autorisant des revenus décents.

Nous espérons que le succès de cette démarche génèrera des transmissions plus faciles, de nouvelles installations et le renversement de la courbe de la population. »